Récit imaginaire - Le fret urbain à Paris à l'horizon 2050


Engagé dans une étude collective pour la RATP sur la faisabilité du fret urbain à l'horizon 2050, par le biais de modes de transports collectifs "propres" (métro, RER, Tramway...), nous avons été amené à approcher une des facettes du fonctionnement des villes, souvent peu familière des urbanistes. L'exercice de prospective nous a conduit à réaliser un récit imaginaire dans lequel la vie de Grégory, parisien en 2050, nous aiderait à imaginer ce que le transport de marchandises pourrait être dans un demi siècle... Préambule de l'étude pour la RATP sur la faisabilité du fret urbain sur modes TC à l'horizon 2050.



Paris, 21 juin 2050, 5h30



Grégory n'a pas encore eu le temps de corriger les copies de ses élèves et il doit prendre le vol 747 de 9h05 pour Tokyo où il dirige un bureau d’étude spécialisé dans les transports. Pas le temps de faire ça maintenant, il travaillera dans le RER. Dehors, le soleil n'est encore pas levé mais la ville est déjà en mouvement. Boulevard Jourdan, au pied de l'éco-quartier neuf où se trouve son pied-à-terre, les déchets de la zone d'activité écologique voisine sont chargés dans le tramway qui les apportera à l'usine d'incinération d'Ivry. Une fois chargés, les minis-cargos urbains se mettent silencieusement en route vers l'Est. Consultant sur ce projet depuis 15 ans, Grégory sait que le nouveau maire du Grand Paris a réussi un grand pari : celui de faire adhérer une population au départ hostile à l'idée d'un double usage du tramway en milieu urbain. Il a réussi il y a 2 ans à l'aide de l'énième étude publiée montrant la place importante du transport de marchandises dans la production des gaz à effet de serre et d'ozone nocifs. Désormais, les tramways transportent des personnes et des déchets, pour la sérénité de tous.



Le tramway suivant emmène Grégory jusqu'à la station RER Cité universitaire. Avant de monter dans le RER en direction de Châtelet-Les Halles, il s'arrête un moment au service Biblio Lib' pour choisir un polar qu'il lira dans l'avion. Le hub parisien, qui s'était fait une nouvelle jeunesse au début du siècle avec le projet de David Mangin, a été entièrement remodelé, dont une partie a été aménagée en centre de logistique urbaine desservant les commerces et les zones de grands services urbains du quartier. La flotte de deux cents véhicules électriques affectée au site assure ainsi l’acheminement des produits dans les commerces de Châtelet et de la rue de Rivoli. Quatre autres grandes stations parisiennes (Auber, Batignolles, Saint-Lazare, et Les Invalides) ont été remodelées de la sorte, ouvrant la voie au transport de marchandises au cœur de l’agglomération par les réseaux ferrés, anciennement dédiés au seul transport de voyageurs.



Arrivé à la station de RER des Halles, Grégory va vers le point central de la station où se trouvent les comptoirs d'enregistrement des bagages. Il se dirige vers le 14ème et dernier comptoir qui est libre et il tend son téléphone à l'hôtesse pour transmettre par Bluetooth le billet d'avion électronique. A travers les vitres de la grande salle d'enregistrement, les passants du RER observent, amusés et curieux, ce nouveau système importé de Tokyo. Ticket électronique enregistré, il laisse soulagé ses bagages aux soins du personnel d'Aéroports de Paris qui assurera leur transport en partenariat avec Keolis. Confiant, il sait qu'il les retrouvera à son hôtel particulier dans moins de 10 heures. Les bagages descendent sur le tapis roulant jusqu'à la trappe du monte-charge. Grégory est déjà sur le quai de son RER et s'apprête à commencer la correction des copies de ses élèves.



Dans le RER, Grégory se concentre sur ses copies. Grâce au programme « Transport serein » initié par la RATP et la SNCF, il est maintenant facile de travailler dans les transports en commun : de nouvelles rames silencieuses et confortables ont été mises en service. Le sujet sur lequel les élèves ont planché est la rédaction d'une note de synthèse sur les impacts de l'utilisation des véhicules à hydrogène en milieu urbain, désormais premier moyen de transport individuel en ville depuis que les moteurs à explosion ont été exclus des agglomérations européennes. Il finit de corriger la dernière copie et arrive à Roissy-Charles-de-Gaulle en 20 minutes (ils ont enfin réussi à mettre en service leur CDG Express, belle victoire après de nombreuses années de bataille entre le transporteur, la Ville de Paris et les usagers de la ligne B…). Depuis l'escalator montant vers l'aéroport, il observe la ronde des voituriers affairés à décharger le conteneur de valises du bout de la rame RER et à le placer dans le monte-charge. Arrivé à la surface, il se rend au local Livrissimo pour déposer ses copies corrigées au guichet qui se chargera de les réexpédier à la station RER de Cité Universitaire, grâce au système de livraison métro/RER de petits colis. Dans quelques heures, le délégué des étudiants recevra une notification électronique l'avertissant de l'arrivée des copies dans une des consignes de la station.



Grégory arpente maintenant l'aéroport Charles de Gaulle jusqu'à son terminal avec un livre pour seul encombrement. Il croise en route des passagers du vol pour Tokyo impatients qui font la queue pour déposer leurs bagages. Des enfants énervés se chamaillent. Dehors, un ballon dirigeable de transport de personnes décolle à côté du parking des avions de lignes classiques, dont le marché décline progressivement sous fond de transition énergétique. Les ingénieurs prévoient de bientôt utiliser le dirigeable pour le transport de marchandises aérien propre ! La journée commence bien pour Grégory, heureux de retrouver Tokyo, serein de quitter Paris ses devoirs accomplis, et les bras libérés de ses bagages.





Référence illustration: http://buzzynews.com/wp-content/uploads/2008/05/new-york-du-futur-vue-entiere.jpg



Le modèle économique de l'IGN menacé

Une fois n'est pas coutume, je sors de la ligne éditoriale de mon blog pour parler de la fermeture annoncée de la boutique de l'IGN, rue de la Boétie à Paris. L'Institut Géographique National a offert à la France la particularité d'être un des pays les mieux doté du monde en matière de couverture cartographique, avec d'autres pays comme la Suisse. Le traitement des données de photographies aériennes, puis de photographies satellites, est un travail important nécessaire à la réalisation des cartes, qui rend intelligible la quantité d'informations parfois cachées que peuvent détenir ces matériaux brutes.

Le caractère public de cet institut a permis à l'IGN de développer une capacité à fournir et actualiser régulièrement les données produites, et cela à destination d'utilisateurs aussi divers que nombreux: touristes, automobilistes, chercheurs, élèves, étudiants, environnementalistes, prospecteurs de pétrole, randonneurs, agriculteurs, collectivités locales, aménageurs, cyclistes...

De fait, la fermeture du magasin et le déménagement dans un local plus petit entraînera une diminution de l'offre proposée dans le nouveau magasin plus petit, et plus généralement, une diminution de la qualité des travaux de l'IGN. 14 personnes seraient licenciées à l'issue de cette fermeture. Un des syndicats engagé dans cette lutte revient plus dans les détails sur l'historique de ce conflit sur son blog, à visiter.

http://cgtgeo.wordpress.com/


Cartographie des stations métros fantômes à Paris



Lieux insolites du réseau métropolitain de la RATP, les stations fantômes sont à ce jour au nombre de 9. Elles sont pour beaucoup détachées du réseau voyageur, situées dans les couloirs de manœuvres et de services. La station Porte des Lilas-Cinéma, dans le Nord-Est parisien, est peut être celle qui nous est la plus familière de toutes, puisqu'elle est le lieu de tournages de film de cinéma dont le célèbre "Fabuleux destin d'Amélie Poulain". Ailleurs à Madrid, une de ces stations fantômes a été réaménagée pour devenir un musée du métro, lieu dans lequel se côtoient les curieux... ainsi que les rames de métros encore en service pour le transport de personnes, mais ne s'arrêtant plus
. Les quais où passent encore les trains à vive allure sont séparés par une grande baie vitrée du reste de la station, pour le plaisir des visiteurs.


Etude d'espace public - Le carrefour des 4 chemins, Petit-Colombes, un espace en déséhérence

Exercice d'analyse d'un espace public à partir d'un plan imposé sous forme de diptyque: analyse objective/analyse subjective.

Terrain d’étude : Carrefour des 4 chemins - Colombes, Hauts-de-Seine

Etude réalisée en mars 2008 dans le cadre de l’enseignement « Espaces publics" dirigé par Jacques-Jo BRAC DE LA PERRIERE et Antoine BRES.






"ANALYSE OBJECTIVE"


Aux marges des centres anciens des communes de Nanterre et Colombes, dans le nord du département des Hauts-de-Seine, le carrefour des Quatres Chemins, aussi appelé Place Aragon, se situe au croisement de deux axes circulatoires d'importance: la RD 992 (1900 véhicules par heure circulent dans le sens Paris-Province au niveau du Pont de Charlebourg au plus fort de la journée), et la RD 986, d'importance secondaire. La fonction circulatoire est un élément marquant du quartier. L'opération d'urbanisme des années 1980, réalisée par les architectes Viard et Van Bellinghen, impacte sur l'image et la pratique du quartier de manière importante. Aujourd'hui, bien que approprié par les habitants, le carrefour souffre des ratés dus à certains aspects de sa conception.



Le « carrefour des 4 chemins », un quartier central récent


A l'échelle « locale », la place Aragon constitue une centralité du fait des importantes densités de population, ainsi que de l'offre conséquente de commerces (supermarché E.Leclerc, galerie commerciale...), de services (La Poste...) et d'équipements publics (bibliothèque...). Les habitants pratiquant cet espace proviennent principalement des quartiers du Petit-Nanterre et du Petit-Colombes. L'environnement de la Place Aragon est marqué par une urbanisation tardive: outre des résidus d'habitat pavillonnaire et une grande

emprise industrielle en voie de rénovation (Z.A.C de la Marine), les formes prédominantes d'urbanisme sont l'habitat collectif – grand ensemble d'habitat collectif et programmes de logements des années 1980 - et le commerce. Si le parcellaire est principalement composé de grandes emprises et d'un bâti aux volumes importants qui encadre la place, les espaces publics et les passages en cœur d'îlots sont importants.



« Aragon-Victor Basch », un ensemble pensé de manière globale


Les bâtiments qui composent le carrefour des Quatre Chemins sont pour l'essentiel construits dans les années 1980. Construites successivement, les différentes parties de l'ensemble ne dépassent pas la hauteur de 18 mètres. La forme ouverte des îlots sud-ouest et nord-est cherche à apporter de l'espace au carrefour, afin de créer une place visuellement continue, d'une taille générale de 10 000 m², soit 1 hectare, d'une partie à l'autre de l'ensemble coupé par le carrefour. La forme et l'orientation générale des bâtiments, de part et d'autre du boulevard, s'inscrit dans une continuité visuelle et physique. Depuis la place Aragon, la perspective offerte par la partie Victor Basch est ainsi décomposable en plusieurs traits fuyants dessinés par la forme des bâtiments. Le centre commercial, construit 15 années après l'ensemble, s'inscrit également dans cette perspective en évitant de bloquer visuellement la perspective. La vue opposée, depuis la partie Victor Basch, offre également une perspective sur la place Aragon, à laquelle participent les traits des bâtiment encadrant tout le carrefour (photographie). La disposition de ces deux sous-ensembles, légèrement décalés par rapport à l'axe routier, permet de découvrir au piéton un axe visuel différent du boulevard, aménagée par un square et des arbres dans la partie sud-ouest (square Victor Basch), et des arbres et un passage « semi-motorisé » dans la partie nord-est (place Aragon). La disposition des petites dalles de pierre composant le sol de l'ensemble concoure à créer cette continuité visuelle, par la combinaison de deux types de modèles de dallettes de tailles et de couleurs différentes orientées dans le sens général de l'ensemble. Dans la partie « Victor Basch », les jardinières disposées dans le même sens cherchent aussi à ouvrir la vue vers la partie opposée de la place.



Une composition architecturale géométrique et minérale


Partie place Aragon, la façade du bâtiment est marquée par une composition complexe. Le rez-de-chaussée et les cheminements publics du 1er étage créent une profondeur sur la partie inférieure de la façade, la partie supérieure est composée de larges baies vitrées aux bordures colorées en rouge. Le reste de la façade est caractérisé par l'usage généralisé de carreaux posés de couleurs blanche. Un jeu sur les profondeurs au niveau des étages supérieurs permet également de mettre en valeur les volumes et de complexifier la composition de la façade. Ce même jeu sur les volumes permet de marquer la partie centrale du bâtiment, axe vers lesquels fuient les perspectives vu depuis l'autre rive. Les aménagements paysagers contribuent aussi à la complexité paysagère. Partie Victor Basch, deux rangées d'arbres atténuent l'aspect minéral. Vue depuis

Illustration 1: Place Aragon - Source: photographie personnelle (2008)



Illustration 2: Square Victor Basch - Source: photographie personnelle


la place Aragon, ces deux rangées d'arbres ne laissent voir que les étages supérieurs des immeubles. La composition architecturale est là aussi décomposable en des ensembles visuels: la façade du bâtiment central est doublée par un mur percé par des formes géométriques carrées et rondes; la façade du bâtiment de droite est marqué par un léger renfoncement du premier étage, caché par la rangée d'arbre au reste du carrefour. La partie gauche de l'ensemble « Victor Basch » se distingue par une composition architecturale uniforme, composée de loggias et d'une façade blanche.



La prédominance de la fonction circulatoire


Du point de vue des véhicules motorisés de passage, cette ouverture donne à voir une entrée de ville pour Colombes, en rythmant le boulevard Charles de Gaulle, essentiellement marqué sur sa longueur par un urbanisme de type « boulevard urbain en devenir », par une place ouverte comme vitrine de la ville pour cet axe de grande circulation Paris-banlieue. Cet axe imposant, d'une largeur de 46 mètres (taille équivalente à l'avenue parisienne de la Grande Armée), se décompose en une deux fois deux voies centrales (voies séparées au niveau du carrefour par une barrière empêchant tout passage piétonnier hors des passages cloutés), entourée de deux voies de bus directement attenantes, puis d'une contre-allée sur l'îlot Aragon. En outre, le véhicule motorisé est discrètement présent sur la partie Place Aragon, puisqu'un petit passage à la même hauteur que le reste de l'espace permet la circulation exceptionnelle d'automobile. Le carrefour des Quatre Chemins constitue un lieu très desservi par les transports (7 bus, et prochainement l'extension du T2 connectera le quartier à La Défense). De fait, il attire de nombreux usagers des quartiers environnants. Les grandes parcelles, peu occupées en terme de surfaces bâties nettes, et parfois entaillées par des passages en cœur d'îlots, sont des lieux qui canalisent les cheminements piétonniers en provenance du Petit-Nanterre et des îlots pavillonnaire du Petit-Colombes. Ainsi, on accède au bureau de poste de la place Aragon par un passage percé dans le bâtiment menant en cœur d'îlot. A l'autre rive de l'ensemble, deux petits passages permettent d'accéder à un parc en cœur d'îlot. Le rare mobilier urbain se concentre surtout autour des arrêts de bus (banc, poubelles, cabines téléphoniques, plan de villes), laissant deviner que la fonction circulatoire du carrefour est prédominante, tant motorisée que piétonnière. Le reste du mobilier urbain se limite à des petits plots en pierre destinés à empêcher les voitures de s'emparer des trottoirs comme espaces de stationnement, aux barrières rappelant l'existence d'un passage automobile à l'intérieur de la place Aragon, ou à quelques palmiers plantés dans des pots géants.



"ANALYSE SUBJECTIVE"




Illustration 3: Vue panoramique de la place Aragon - Source: photographie personnelle (2008)



20 ans après son achèvement,
l'opération d'aménagement du carrefour des Quatres Chemins apparaît comme un marqueur paysager et identitaire fort du quartier. S'il parvient à ouvrir des vues profondes dans la silhouette de ce croisement automobile, comme le prévoyait les architectes, l'idée de « place » ici au sens large du carrefour, n'a pas prise. C'est ce que témoignent les pratiques des riverains. Au contraire, la seule partie « place Aragon » de l'ensemble semble avoir concentré l'essentiel de la vie, se transformant en une sorte d'agora où l'on va en espérant croiser quelqu'un sous prétexte d'une course. Malgré cette vie sociale, le lieu souffre d'une crise d'image, et la partie Victor Basch demeure marginalisée dans les pratiques.


Un espace lâche


On a décrit l'espace comme une tentative de place, à priori vouée au passage vers les différentes stations de bus; voir même, un espace continue qui permettrait de tromper la fonction circulatoire importante. Les pratiques respectent effectivement le rôle nodal du lieu, pivot entre les différents quartiers desservis par les 7 bus traversant le quartier. Les passages cloutés qui traversent les quatre branches participent justement à cette distribution des flux piétonniers « de passage » sur le carrefour, pour faire la correspondance de tel à tel bus, ou du domicile à une station de bus. Au mieux, le centre commercial Leclerc constitue une destination rendant utile le franchissement de ces axes. Outre les trottoirs et les bordures des immeubles, l'espace présente un caractère lâche: les circulations ou les haltes se cantonnent à un certain nombre d'espaces précis, le reste de l'espace est peu emprunté, soit car son caractère confidentiel n'invite pas à s'y rendre (Victor Basch), soit car le lieu est trop exposé au regard public (centre de la place Aragon).



Usages saisonniers et quotidiens


La partie place Aragon, espace le plus grand du carrefour, accueille de manière exceptionnelle des évènements: parfois le cirque, au Printemps; à la saison de Noël le lieu est aménagé de quelques trampolines, d'un petit sapin et de guirlandes électriques, essayant à construire un espace de loisir. Parfois, un manège y est installé. Plus régulièrement, la place Aragon sert d'agora. Le passage à la bibliothèque de quartier Prévert, l'achat d'un timbre, ou les petites courses au supermarché Leclerc, sont un prétexte pour tenter de croiser une connaissance et d'engager une discussion. De même, les gens s'attardent autour de la cafète de la galerie marchande Leclerc, prolongement de l'espace public de la place, afin de tenter de capter une connaissance passant par là. La « halte » sur la place s'attache ici à des habitudes rodées: souvent par groupe, les riverains stationnent devant le bar-tabac-PMU, et font le commentaire des évènements du quartier. Aux heures de la journée où le soleil est le plus fort, les riverains s'assied sur le rebord des jardinières pour y discuter. Malgré l'existence d'une vie riveraine sur cette place, le mobilier urbain reste très peu présent: pas de bancs, ni de « mobiliers de conforts ».



Le caractère confidentiel des interstices du quartier


Plusieurs éléments participent à donner une mauvaise image au quartier: la proximité à l'hôpital de Nanterre, centre d'accueil de sans-abris de la région parisienne, ou encore quelques trafics occasionnels de drogue, cultivent une image dégradée d'un lieu parfois décrit comme « mal famé ». Ainsi, les étroits chemins d'accès au parc de l'îlot Victor Basch, ou au bureau de Poste situé au cœur de l'îlot Aragon, peuvent s'apparenter à une pénétration dans un goulet d'étranglement hostile. De même, les escaliers d'accès aux coursives publiques du 1er étage de la place Aragon, dans un état particulièrement négligé, dissuadent l'usage de cet itinéraire qui offre pourtant un angle de vue original de tout l'espace. Cet espace, de gestion publique, souffre d'une usure manifeste: les carreaux blancs qui composent la façade de la coursive sont salis par la saleté et la pollution, et les carreaux sont tombés en plusieurs endroits. A l'opposé de la partie « Aragon », la partie « Victor Basch » et le square est un espace confidentiel, caché au reste du carrefour par une rangée d'arbre, approprié par les seuls riverains. Vu depuis le carrefour, l'éloignement à ce lieu est renforcé par le boulevard Charles de Gaulle, et la perspective « bloquée » par le bâtiment en arc de cercle ne semble pas inviter à découvrir le square. Le parc situé en cœur de l'îlot Victor Basch constitue un espace encore plus confidentiel, et les cheminements permettant d'y accéder sont peu connus de l'étranger.


Finalement, peu de personnes identifient aujourd'hui l'ensemble dessiné par les architectes par des mot précis: tantôt « place Aragon », ou encore « les Quatres Chemins », la quête et la variété des appellations trahit le peu de lisibilité du lieu. L'identité visuelle de la place pensée dans le projet original des architectes est ainsi affectée par des pratiques localisées sur la seule partie « Aragon » ainsi que sur les abords du centre commercial, faisant de la partie Victor Basch un lieu confidentiel.





Cartographie approximative des prix des trajets aériens pour voyager cet été



Cartographie "approximative", car l'offre des prix est très variable au fil des jours, et qu'il est difficile d'obtenir une vue parfaite de l'ensemble de l'offre des compagnies, chaque moteur de recherche de vols proposant des prix différents pour un même vol... Carte réalisée à partir des prix du moteur de recherche Internet "easyvols" de réservation en ligne, pour les vols au départ de Paris Roissy CDG/Orly/Beauvais - prix en date de février 2009.