Trois listes étaient classables à gauche: la "principale" rassemblait le Parti Socialiste, Les Verts et les Radicaux de Gauche, autour de Dominique Frelaut (PCF), alors maire de la ville depuis 35 ans. La liste "Motivées pour Colombes", rassemblant notamment des figures de la vie associative locale, se présentait avec pour slogan "A gauche autrement". Figuraient parmi les thèmes de campagne de l'association le soutien et la "représentation" des individus privés du droit de vote, et la volonté de développer une politique hors des cadres partisans afin de développer une démocratie locale. La troisième liste à gauche était celle du parti Lutte Ouvrière, fidèle à sa ligne politique classique et axant sa campagne sur la critique "d'une mairie communiste soutenant la politique menée par les socialistes dans le cadre de la gauche plurielle" alors au gouvernement.
Trois partis étaient en lice à droite. Le rassemblement RPF-Démocratie Libérale était représenté par Nicole Gouéta, une figure récurente de l'opposition municipale. Comme son concurrent à droite, Arnold Bauer (RPR-UDF), la campagne promeut la rupture avec les politiques de gauche. Les deux candidats portent dans leur programme le développement économique de la ville, la sécurité, une nouvelle gestion des finances de la ville, et l'amélioration du cadre de vie. A l'extrême droite, Michel Colin (MNR) prend le relais laissé par Jean-Yves Le Gallou en développant un programme sécuritaire dans la lignée traditionnelle de ce courant politique.
Deux "petits partis" étaient aussi présents au 1er tour. La liste "Défense des droits de la population de Colombes, des services publics, de la démocratie communale" était emmenée par Dominique Mourre. Classable à gauche, ce rassemblement prétendait défendre l'implantation de services publiques sur la ville, et axait ces critiques envers la majorité gouvernementale de la Majorité Plurielle.
"Colombes 2001" autoproclamée "liste indépendante d'expression libre" apportait une liste de propositions proche des courants libéraux. Parmi les propositions de ce parti figuraient le renforcement des effectifs de police, le soutien aux jeunes créateurs, l'assainissement des finances locales, ou encore le maintien des zones pavillonnaires existantes.
La cartographie des résultats de cette élection laisse apparaître de premiers clivages forts sur le territoire colombien. Les territoires situés sur les "bords de Seine" et le long du Boulevard Charles-de-Gaulle apparaissent comme les territoires de force de la gauche. Il s'agit des grands-ensembles d'habitats collectifs où demeurent les populations accumulant le plus de difficultés. La liste "Motivé-e-s pour Colombes" recueille également des résultats conséquents sur ces quartiers en difficulté. C'est aussi sur ces mêmes territoires que l'extrême droite obtient des résultats importants, avec des pics dans les quartiers des Musiciens et dans le Quartier Aragon. Le MNR obtient également une audience forte sur les zones d'habitats pavillonnaires de l'ouest de la ville de part et d'autres de la rue Gabriel Péri. Ces espaces pourtant "perçus" comme étant calmes sont peut être victimes d'un "sentiment d'insécurité". Le phénomène d'une extrême droite fort est en effet souvent observé sur les marges des territoires où s'accumulent les difficultés de différents ordres, résultat de la proximité à un territoire perçu négativement (cf. Etudes des chercheurs Loïc Ravenel, Pascal Buléon et Jérome Fourquet). La liste d'union de la gauche est également assez forte sur ces mêmes espaces pavillonnaires de l'ouest de la ville, où demeurent encore des familles typiquement à gauche qui bénéficièrent lors des "30 glorieuses" de "l'ascenseur social" leur permettant d'aquérir un pavillon.
La droite colombienne, traditionnellement ancrée dans les quartiers "Petite-Garenne", "Vallées" et "Hugo-Champarons", obtient des résultats en progression sur les territoires pavillonnaires, ceux de l'ouest de la ville nottament. L'arrivée de nouvelles populations de cadres constitue une des explications à cette progression, attirée par la qualité de vie de l'habitat pavillonnaire sur la commune. Le centre-ville est également l'autre espace fort de l'électorat des partis de droite, où les résultats additionés des deux listes menées par Nicole Gouéta et Arnold Bauer dépassent souvent les 50% dès le 1er tour. Néanmoins, il serait exagéré de voir le centre-ville de Colombes comme un fief de la droite. Différents milieux sociaux se cotoient encore sur cette partie du territoire, et ces différences tendent à s'exprimer en terme électoraux.
Le territoire colombien tend à se diviser en deux "retranchements" électoraux pour chacun des grands camps politiques de la gauche et de la droite. La représentation cartographique comparée des résultats des différents camps tend à grossièrement montrer un emboitement de la droite, sur le sud et l'est de la ville, et de la gauche, sur l'ouest et le nord. La droite tend à progresser sur les espaces d'habitats pavillonnaires en général. Les pavillons de l'ouest de la ville ont souvent été acquis par le passé par des bénéficiaires de l'ascenseur sociale lors des "30 glorieuses", passant d'un mode d'habitat collectif à un petit pavillon de banlieue. Le vieillissement de cette population remet peu à peu sur le marché des pavillons dont sont friands les nouvelles populations de jeunes cadres avec enfants. Avec le développement de l'aire d'attraction de La Défense, l'augmentation du prix de ces habitats tend à effectuer un tri social dans ces quartiers devenus trop chers pour les plus modestes. C'est de ces milieux sociaux souvent ancrés à droite dont bénéficie la droite colombienne, et dont elle semble pouvoir bénéficier encore à l'avenir avec le développement de nouveaux logements sur la ville dits intermédiaires depuis 2001, principalement destinés à des milieux aisés.
De manière anecdotique, on constate la localisation des votes des deux petits partis de cette élection, "Colombes 2001" et "Défense des Droits de la population de Colombes", sur les territoires pavillonnaires de l'ouest de la ville, et sur les cités des Grèves et Europe. Ces deux partis différents dans les idées semblent recueillir les voix des déçus des partis traditionnels classiques, ou des habitants sensibles à la proximité exprimée dans les propositions pour la ville.
2nd tour
Sources:
Les données statistiques sont tirées du cahier spécial de l'hebdomadaire "La Voix Populaire" du 15 mars 2001. Les données sont représentées à l'échelle des périmètres des circonscriptions électorales correspondantes aux bureaux de votes (données Mairie de Colombes, service élection). Trame viaire: Plan d'occupation des sols révisé de 2003.

