Objet d’étude : Service de l’urbanisme de la Ville de Colombes (Hauts-de-Seine)
Recherche réalisée d’octobre à décembre 2006 par
ARFAOUI Sarah
LAIGNEL Alexandre
dans le cadre de l’enseignement « Acteurs de l’Aménagement Urbain » dirigé par Sylvie Fol
Problématique : Politiques d’Aménagements et d’Urbanisme des années 2000 à Colombes: une vision du développement économique et de la mixité.
Organisation, fonctionnement, et tensions d’un service de l’urbanisme.
En 1er plan, habitat pavillonnaire rue Béranger. En 2n plan, la cité des Grèves,
6ème ville d’Ile de France en population avec environ 83000 habitants, 1ère ville pavillonnaire du département, la situation idéale de Colombes - à proximité de Paris et à quelques kilomètres de
C’est pourquoi la municipalité souhaite tirer profit de ces atouts et fait de l’urbanisme une priorité. Un urbanisme municipal dynamique, à l’image de son service employant 73 personnes, du journal de Colombes qui traite chaque mois les questions de gestion urbaine mais surtout à l’instar des nombreuses opérations engagées depuis 5 ans. Le renouvellement urbain et le développement économique sont les grands mots de cette politique urbaine et se déclinent sous la forme d’OPAH, de partenariat avec l’ANRU, d’élargissement des voies aux abords de nouveaux milliers de m² de bureaux, de la création d’un hôtel Mariott…De nombreuses réalisations qui sont perçues comme des moteurs qui engageraient la ville dans un processus de gentrification pour certains ; ou seulement de la communication et une volonté « d’augmenter le pouvoir fiscal » de la ville pour d’autres…
Et c’est ici que nous sommes confrontés aux questions d’appartenance politique, à la difficulté de faire la part des choses quand pour un même projet, la mairie nous explique qu’elle fait de la rénovation urbaine là où l’opposition voit la chasse des plus pauvres au profit des riches. Il est vrai que le maire est à la tête de ce service, c’est à elle que reviennent les décisions finales, ce qui semble parfois « autoritaire », ajouté au manque de concertation avec la population locale.
Nous reviendrons dans un premier temps sur l’évolution des politiques d’urbanisme avant et après 2001, puis sur la gestion des questions urbaines à Colombes à travers l’analyse des missions de chacun des services. Enfin nous verrons à travers plusieurs projets comment s’organisent les partenariats avec différents acteurs et les tensions que cela créé.
1. LES GRANDES LIGNES DES POLITIQUES D’AMENAGEMENT ET D’URBANISME A COLOMBES AU LONG DU 20ème SIECLE JUSQU'AUX ANNEES 2000:
A. Historique et situation actuelle
Colombes fait partie des communes de la petite couronne parisienne, au nord du département des Hauts-de-Seine. Elle constituait avant la révolution industrielle une des nombreuses communes d’agriculteurs périphériques à Paris. La toponymie des communes de La Garenne-Colombes et Bois-Colombes, inclus à Colombes jusqu’à 1910, témoigne du passé agricole de ces villes, et on peut encore y retrouver aujourd’hui des écuries d’un temps ancien qui ont été réhabilitées. Au cours de la fin du 19ème et du 20ème siècle, trois évènements majeurs viennent bouleverser l’organisation de la ville. La révolution industrielle naissante à la fin du 19ème siècle voit se développer le transport ferroviaire, les 3 gares de Colombes sont le point de départ de cette nouvelle urbanisation. Plus tard, l’installation d’usines sur les bords de Seine, axe stratégique dans le transport des matières premières, s’accompagne d’une extension des zones de logements. Le début du 20ème siècle voit arriver une seconde vague d’industries, accompagnée par une considérable extension des pavillons à Colombes qui lui donne aujourd’hui son statut de plus grande cité pavillonnaire de la petite couronne parisienne. La population atteint les 61944 habitants en 1936. Les années 60 sont celles de la construction de nombreux grands ensembles sur les bords de Seine, réponse aux urgences de l’époque. Le choix du lieu de construction de ces nouveaux logements est entre autre guidé par la proximité aux usines, approche fonctionnaliste de l’urbanisme de l’époque. Certaines de ces cités sont aujourd’hui celles que l’on envisage de résidentialiser voire rénover avec le programme ANRU : il s’agit de la Cité des Grèves, la Cité Ile-Marante et celle des Fossés-Jean. A chacune de ces vagues d’industrialisation, la population colombienne s’accroît considérablement pour atteindre les 83100 habitants au 1er juillet 2004.
La fin des trois décennies de forte croissance dans les années 70 et le développement d’une société tertiaire en France concerne également la ville de Colombes. La fermeture de la centrale à charbon EDF – GDF de Gennevilliers dans les années 80, située sur le même bassin industriel que les usines colombiennes, est le symbole de cette période sur le territoire des villes du nord des Hauts-de-Seine, avec ces effets douloureux sur la population et particulièrement dans les grands ensembles monofonctionnalistes évoqués.
La Cité des Grèves, héritage de l’architecture et de l’urbanisme fonctionnaliste des années 1960. Une nouvelle rue est en train d’être construite, prémisse d’un futur désenclavement du quartier.
Les populations qui en ont les moyens s’en vont, souvent pour acheter un pavillon à Colombes même, alors que les ménages les plus modestes demeurent dans les grands ensembles faute de mieux. Les différents indicateurs de richesse et niveaux de vie sont très bas dans ces quartiers; chômage, éducation, difficultés d’intégration de la forte proportion de population étrangère, délinquance,… L’arrivée au pouvoir d’un conseil municipal de gauche à majorité communiste en 1965 suite à une triangulaire face à une droite divisée est dans l’air du temps, portrait d’une « banlieue rouge » qui s’apprête à rentrer dans la période « post industrielle ». Peu de temps après l’élection de Dominique Frelaut comme maire, la municipalité s’engage dans le sens d’une politique de réglementation en faveur de la protection de la zone pavillonnaire. Tout en maintenant de manière ponctuelle des fortes densités pour assurer une pérennité dans le développement économique local, à l’image des immeubles typiques du début du siècle, la municipalité mise sur la qualité de vie de l’habitat pavillonnaire. Ce choix réalisé a également pour conséquence de freiner l’attractivité de la ville pour les entreprises en la figeant un peu plus dans son statut de ville industrielle. Avec la « crise », la municipalité regarde vers de nouvelles stratégies en matière de développement économique. Symbole de ce renouveau, l’arrivée de l’entreprise Thalès sur les anciens lieux de l’industrie. Dans le même temps, l’extension des aires d’influences de Paris, et surtout de La Défense, tendent à placer la ville de Colombes dans une situation de « ville de petite couronne », à l’image de ce que fut Levallois-Perret à une autre époque. De nouveaux enjeux de développement sont en ligne de mire à partir des années 80.
Carte de Colombes
L’autre partie de la ville de Colombes bénéficiant en cette fin de 20ème siècle des dynamiques en cours dans l’ouest parisien est son secteur sud-ouest, proche de Paris et de La Défense, et située sur une radiale menant à La Défense en traversant La Garenne-Colombes et Courbevoie. Engagée par la municipalité communiste, la construction d’un grand bâtiment aux façades de verres rappelant les tours de La Défense a été érigée sur cette radiale. Elle accueille depuis le début des années 2000 le siège social du l’entreprise Oracle, et la nouvelle municipalité arrivée en 2001 a engagé dans ce sens de nouveaux chantiers pour développer le potentiel économique du à cette situation privilégiée. En plus de son potentiel économique croissant, c’est sur ses qualités en matière d’habitat que Colombes fait valoir ses atouts. Depuis les années 90, le territoire colombien voit arriver de nombreuses populations de cadres avec enfants venant profiter de l’espace offert par l’habitat pavillonnaire. Le prix du mètre carré a connu une augmentation très forte, et même s’il reste bas à l’échelle du département des Hauts-de-Seine, il est en 2006 à la hauteur de 3078 euros (6053 euros à Neuilly-sur-Seine ; 2186 euros à Villeneuve-la-Garenne). Alors que la partie nord de la Ville accumule les difficultés, le sud pavillonnaire semble profiter de nouvelles dynamiques, tiré par l’extension de l’aire parisienne. Le développement d’une ville aux deux facettes tend à poser de nouvelles problématiques, vers lesquelles s’orientent les nouvelles politiques urbaines.
B. 2001 et la mise en place de nouvelles orientations ; entre ruptures et continuités
Colombes présente un taux de logements sociaux bien au dessus des 20% réclamés par la loi S.R.U de 2000 (33% environ), ainsi qu’un parc d’habitat pavillonnaire important. Les nouveaux principes d’urbanisme se placent dans la perspective d’une « diversification de l’offre de logements » comme alternative à la « Colombes aux deux facettes ». Il s’agit de « réhabiliter le logement social, sauvegarder l’habitat pavillonnaire, développer le logement intermédiaire, réhabiliter les quartiers centraux, ou encore de rénover les logements sociaux les plus symptomatiques de la « crise post-industrielle ». Le promoteur immobilier est un des acteurs conséquent au cœur de la réalisation de ces objectifs. Le travail de communication réalisé par la mairie, notamment par le biais de la publication mensuelle Colombes notre ville, fait le relais des grands principes affichés par la mairie en matière d’urbanisme. Parmi les grands thèmes affichés, ceux de la Mixité sociale et de l’équilibre social figuraient en une du magazine du mois d’octobre 2006, accroche d’un dossier consacré à la question du logement. Derrière ces thématiques utilisées et usées de toutes parts se situe une compréhension et une manière d’envisager la gestion urbaine d’une ville jusque là constituée principalement de logements sociaux et de grandes zones d’habitat pavillonnaire. Cette Mixité Sociale réclamée par la mairie passe par le développement de logements intermédiaires, s’inscrivant dans la stratégie d’accueillir de nouvelles populations de cadres sur la ville. Sur le même modèle que d’autres villes équivalentes à Colombes en taille et très peuplées en cadres, il s’agit de trouver un équilibre dans la gestion de la ville grâce à l’arrivée de ces nouvelles populations solvables qui contribuent à augmenter les revenus tirés des taxes foncières, levier indispensable à l’action politique d’une municipalité. Les notions de « mixité » et « d’équilibre » trouveraient donc à priori leur signification dans la politique actuelle à Colombes par l’action de la mairie visant à accroître la part de population à revenus solvables dans la population colombienne. C’est dans ce sens qu’allait l’attribution d’un projet au Pont de la Puce, au départ prévu comme logement étudiant par la précédente municipalité, et finalement concédé à un promoteur privé préférant construire des appartements typiquement destinés à des cadres (une crèche a été construite au pied de l’immeuble). L’appellation « Mixité Sociale », d’emblée source de débat de par son interprétation même, constitue un des grands principe porté par la ville et justifiant sa politique actuelle, par le biais d’un certain nombre d’outils et de moyens dont le Service de l’Urbanisme a certaines des responsabilités.
Achevé en 2001, cet immeuble rappelle que Colombes bénéficie toujours plus de l’aire d’attraction de La Défense.
On observe au sujet de la grande thématique du développement économique plus de continuités que de ruptures dans la politique de la ville. Il s’agit d’abord de continuer d’accueillir les opportunités offertes par l’extension des aires d’attraction de Paris et de La Défense. Durant l’été 2006, le Maire de Colombes a inauguré l’hôtel Courtryard, enseigne du groupe hôtelier Mariott. A ce titre, on peut souligner la politique moins hésitante de la mairie dans les moyens destinés à l’accueil et au bon fonctionnement des entreprises, quitte à provoquer des tensions. L’agrandissement de la rue d’Estienne d’Orves qui longe le bâtiment Oracle illustre les tensions créées par le volontarisme de la mairie en matière d’accueil aux entreprises. Cet agrandissement de la voirie prévoit la destruction de pavillons qui ne se placent pas dans le même alignement que le bâtiment qui accueille l’entreprise Oracle. Le principe du développement économique soulève ici la question du compromis à fixer entre développement économique et protection d’un type d’habitat particulier, à l’image de la destruction prévue de ces pavillons.
Parmi les 12 sites choisis sur les Hauts-de-Seine qui seront d’ici plusieurs années l’objet du renouvellement urbain prévus dans le cadre de l’ANRU, 3 sont localisés à Colombes (quartier des Grèves, quartier des Fossés-Jean et quartier Europe). Le renouvellement urbain constitue donc un principe fort de ces politiques, thème par ailleurs relativement consensuel à gauche comme à droite au sein du Conseil Municipal, même si des divergences marquent les différents partis politiques sur les questions du relogement ou de concertation. Là, les tensions existent et les inquiétudes envers certains projets sont symptomatiques de la réalisation des projets dans l’urbanisme en général aujourd’hui. L’étape de la concertation parmi les procédures est parfois timide et appliquée avec un manque de volontarisme, malgré l’inscription dans la loi de cette étape comme obligatoire dans la réalisation de certains projets d’urbanisme par la mairie. L’objectif défini est d’en finir avec ces éléments marquants de l’architecture monofonctionnalistes, symbole d’autant plus fort que ces quartiers sont victimes d’une médiatisation forte. Le cas de la Cité des Grèves est significatif, c’est un des points les plus importants dans le trafic de drogue en Ile-de-France. Le symbolisme est fort dans ces projets.
Autre principe majeur en matière d’urbanisme à Colombes, la réhabilitation du tissu pavillonnaire et des logements sociaux. On peut parler d’une « protection intensive » de l’habitat pavillonnaire voire du logement social, l’érosion sur le tissu pavillonnaire et la rénovation de logements sociaux dans le cadre de l’ANRU étant compensés par la mise en place de programmes de réhabilitations sur d’autres secteurs de la ville. Ce fut notamment l’objet de l’OPAH prenant fin en décembre 2006 qui offrait aux habitants du centre historique et de ses abords la possibilité d’obtention d’aides en vue de la réhabilitation des pavillons ou des appartements. Au sujet des copropriétés dans les appartements du style de la fin du 19ème siècle notamment, ce développement intensif est illustré par des réhabilitations et par l’amélioration de la qualité des services dans ces logements avec par exemple une présence plus grande de gardiens dans les immeubles.
La première mandature pour une nouvelle majorité municipale reste toujours un exercice difficile étant donné la confrontation entre le temps du projet et le temps politique de la mandature. Le prochain renouvellement du Conseil Municipal aura lieu durant le printemps 2008 et l’heure du bilan face au peuple va avoir lieu. D’où la nécessité de la communication. Néanmoins, la communication n’empêche pas la création de certaines tensions et le fonctionnement d’un Service de l’Urbanisme d’une ville importante comme Colombes doit composer avec celles-ci.
Ø Conformément à son rôle, l’opposition municipale dispose de certains outils de contre-pouvoir ; la communication, l’information de leurs droits aux citoyens face à certains projets d’aménagement et d’urbanisme, et éventuellement des recours juridiques.
Ø Du point de vue du rapport aux autres échelles de pouvoir, il y a concordance politique avec le département et l’Etat (à droite), mais la Région est de gauche ; cela peut parfois créer des situations de blocage. Parfois, au-delà des clivages politiques, c’est face à des questions de Droit ou bien des questions techniques que se heurte la réalisation de projets, il en sera question avec la ZAC Marine du Boulevard Charles de Gaulle et des tensions en résultant.
Ø Les tensions proviennent aussi de l’organisation même du Service de l’Urbanisme, voyant s’affronter le point de vue du politique au point de vue de l’urbaniste. A ce sujet, la place du maire dans l’organigramme éclaire sur la conciliation de ces deux intérêts différents.
Un éclairage nécessaire sur le fonctionnement et l’organisation du Service de l’Urbanisme permet de cerner un certain nombre d’enjeux dans la réalisation des grands principes et thèmes que la nouvelle municipalité en mandat depuis 2001 entendait porter pour réaliser la rupture annoncée.
II. LES DIFFERENTS POLES AU SERVICE DES OBJECTIFS DE
L’intérêt d’un tel acteur est de comprendre les interactions qui le confronte aux autres acteurs ainsi qu’aux différentes échelles de pouvoir.
A. Le service foncier, outil majeur dans la politique de la ville pour la restructuration du territoire (20 pers.)
Ce dernier service est primordial pour la municipalité qui cherche à faire d’importantes réserves foncières et préempte de nombreux terrains. La volonté actuelle est de diversifier l’offre de logement neuf. Depuis 2001, 300 permis de construire de maisons individuelles ont été délivrés en même temps que des immeubles de standing ont été construits. Un genre de construction qui tend à standardiser la banlieue ouest de Paris, avec la volonté selon certains de faire de Colombes une nouvelle « La Garenne-Colombes », ville voisine où beaucoup des pavillons ont été remplacés par des appartements de ce type. Certains habitants et élus décrient la tendance à la préemption abusive sur les moindres parcelles pour y installer de nouveaux logements et la politique de croissance démographique que trahissent la création de crèches et les dizaines de nouvelles classes ouvertes dans les écoles de la commune. Malgré la garantie d’un équilibre jusqu’où peut aller Colombes qui compte déjà 83000 habitants mais surtout jusqu’où le maire veut elle aller ? Rappelons que la création de logements doit s’accompagner des infrastructures collectives annexes surtout lorsqu’il s’agit d’attirer une population familiale aisée demandeuse d’équipements coûteux.
B. La question des espaces en difficultés, objet de l’Atelier des Projets Urbains et du contrat de ville :
L’APU, outil pré-opérationnel et opérationnel, a été créé en 2006 pour répondre au projet de partenariat avec l’ANRU sur trois sites pour la commune de Colombes, le quartier de l’Europe qui ambitionne à être un nouveau « cœur de quartier », puis la restructuration de des cités des Fossés Jean et des Grèves. Ce service est donc issu d’un partenariat avec un acteur national et subit les tensions que cela peut engendrer, comme l’attente d’acceptation des dossiers par l’ANRU mais aussi les craintes de la population locale.
Il s’agit d’importants chantiers, qui en plus de la réfection des logements, seront redynamisés notamment grâce à l’ouverture de commerces et à la création d’équipements collectifs. De nombreux habitants se réjouissent dans le rapport du commissaire enquêteur que ces travaux puissent revaloriser les quartiers dans lesquels ils se sentent à l’écart de la vie colombienne, cependant certains craignent de ne plus pouvoir se loger dans ces nouveaux quartiers. C’est le cas à l’Ile Marante où les 300 logements démolis seront reconstruits mais dont seule la moitié constituera des logements dits sociaux, l’autre moitié étant en accession à la propriété, ce qui aura certainement pour conséquence le départ des populations actuelles.
Le service urbanisme se charge également du « contrat de ville » qui vient en aide aux populations grâce à des ateliers thématiques pour l’emploi, la réinsertion…Il bénéficie d’aides du conseil régional au même titre que le PLIE (plan local d’insertion pour l’emploi) reçoit des subventions de l’Union Européenne afin d’aider à la recherche d’emploi, à la réalisation…Ce domaine est recoupé avec la direction des affaires économiques, commerce et emploi qui appartient également au pôle urbanisme, symbole de la volonté de mixité fonctionnelle, du dynamisme économique de la commune. Ces actions destinées aux commerçants consistent en une meilleure répartition du tissu économique et à un réaménagement de l’espace commerçant. C’est le cas du marché du centre enfoui en sous sol qui sera prochainement remis en valeur grâce à la création d’une halle et d’une galerie commerçante, tous comme les commerces crées en rez-de-chaussée du récent projet le « Village » au cœur du centre ville.
C. La direction de l’habitat social et l’entretien du parc de logement :
Elle gère les demandes de logements, les copropriétés, et les questions de salubrité. A cet égard la municipalité s’est chargée de remettre à neuf de nombreux logements sociaux datant des années 60. Le service urbanisme doit faire face à une réhabilitation voire une rénovation nécessaire de plusieurs quartiers que la municipalité précédente reconnaît avoir construit avec des matériaux de mauvaise qualité qui n’étaient par destinés à vivre 30 ans, mais qui avaient l’avantage de répondre aux besoins immédiats d’une population avec très peu de moyen. Ce sont aujourd’hui ces quartiers qui bénéficient des programmes de l’ANRU ou de l’OPAH débutés en 2002.
L’organisation très hiérarchisée du pôle urbanisme de Colombes abouti au maire, qui possède le pouvoir décisionnaire. Malgré sa formation en urbanisme, cette particularité pour une aussi grande ville est visiblement source de conflits d’autant que
Le service urbanisme fonctionne de manière autonome le plus souvent possible mais il nécessite parfois l’aide de bureaux d’étude extérieurs pour répondre aux projets d’ampleur comme c’est le cas pour les projets menés avec l’ANRU. Les interactions principales qui interviennent ensuite sont celle de la mairie « agent immobilier », qui préempte les terrains et les revend aux promoteurs, comme c’est le cas pour l’opération « Le Village »…
3. DES MISES EN ŒUVRE DE PROJETS, DES OBSTACLES, ET DES TENSIONS : LE RENOUVELLEMENT URBAIN DES CITES DE BORDS DE SEINE ET LA Z.A.C MARINE :
A. Le renouvellement urbain des cités de bords de Seine de Colombes :
L’Agence Nationale de Renouvellement Urbain a pour but de restructurer les quartiers sensibles en permettant le pilotage et le financement du projet à l’échelle nationale en rassemblant les principaux partenaires financiers. Dans un premier temps, 2600 logements et 8 projets sont l’objet du renouvellement urbain sur les Hauts-de-Seine d’ici l’horizon 2008, auxquels se rajoutent d’autres projets dont les quartier Europe et Fossés-Jean à Colombes, portant à 12 le nombre total de projet prévu sur le département. Les 3 projets prévus à Colombes sont la résidentialisation du quartier « Grèves Petit-Colombes », la rénovation du quartier « Fossés-Jean Michelet », ainsi que la rénovation de deux barres du quartier « Europe Ile-Marante ». A chacun de ces projets sont prévus des aménagements supplémentaires hors du cadre de l’ANRU, ainsi l’opération d’aménagement Ile-Marante s’inscrit dans un cadre plus large que les limites de l’opération financée par l’ANRU. Des opérations de rénovations engagées par Dominique Frelaut ont déjà abouti quartier Europe avec la démolition d’une barre dégradée rue Paul Bert qui regardait le Stade Yves du Manoir, lieu sportif historique.
Configuration typique de l’urbanisme de bord de Seine à Colombes : de gauche à droite=> habitat pavillonnaire, grands ensembles ponctuels, zones industrielles et équipements publiques, Autoroute (A86), Parc départemental Lagravère, Seine.
La mise en œuvre de ces projets de renouvellement urbain sur Colombes est facilitée par les dispositions prévues par l’ANRU. La mairie doit effectuer des emprunts, qui ne seront remboursés par les organismes financeurs que suite à divers protocoles de contrôle de travaux avec pièces justificatives à l’appui. Dans le cadre de l’ANRU, des avances à la hauteur de 20% sont prévus, tous les 3 mois, sur la base du service fait et prouvé par les documents échéants. Le retard ou l’absence de travaux entraîne le report de ces avances à la fin du projet. Les communes moyennes ou petites sont ainsi capables de réaliser des projets parfois coûteux. Le rôle d’interlocuteur unique de l’ANRU constitue aussi une plus-value théorique importante dans la facilitation des projets. Les Services de l’Urbanisme ont subi quelques changements lors de la mise en place des outils pour appliquer cette politique, avec la création de l’Atelier des projets urbains en 2006.
La rénovation de la Cité Ile-Marante, financée par le biais de l’ANRU, s’inscrit dans un travail à l’échelle du quartier Europe. Deux barres de logements sociaux situées entre l’hôpital Louis Mourier et le lycée Guy de Maupassant ont prévu d’être démolies, à la place desquelles seront érigées 300 nouveaux logements, dont 150 logements sociaux et environ 25% de « maisons de villes ». A ce renouvellement s’ajoute la création de jardins publics et de terrains de sports, la création d’un mail piétonnier, la restructuration de la passerelle traversant la A86 menant vers le Parc Lagravère (Ile-Marante), ainsi que la création d’un équipement pour la petite enfance. Symbole de ce désenclavement d’une cité jusque là refermée sur elle-même, la création de voies nouvelles qui tenteront de réinsérer ce quartier dans la ville. D’autres aménagements hors du cadre de l’ANRU visent à créer un cœur de quartier centré sur la Place de l’Europe. Un supermarché Champion a été ouvert à ce titre. Le projet Ile-Marante est également l’objet d’une Zone d’Aménagement Concertée (ZAC), étape distincte de l’ANRU, dans laquelle la mairie a choisi l’exposition comme mode de concertation, étape du projet imposée par la loi. Ces expositions se sont déroulées dans la mairie de quartier Europe ainsi que le Hall de la mairie centrale. Les visiteurs avaient l’occasion de laisser leurs avis sur le projet sur un cahier où les observations sont indexées consultables dans les locaux des services de l’urbanisme.
En ce qui concerne la mise en place des projets de l’ANRU plus particulièrement, il apparaît quelques lacunes en matière de concertation, surtout observées dans les prémisses du projet de résidentialisation du quartier des Grèves. Une réunion publique a eu lieu à la Cité des Grèves en présence du Maire et du Sous-préfet le 5 avril 2006, aboutissant à un sentiment de « rester sur sa faim » parmi les habitants des Grèves face à une déclaration se limitant à annoncer la future résidentialisation du quartier, sans descriptions précises au sujet des financements et du calendrier. Symptôme de cette attente forte de la part des habitants, les actions de l’association des habitants des Grèves Actifs qui lança 1 mois plus tôt une pétition dénonçant le manque de concertation malgré de grands effets de promesses qui annonçait lors d’une réunion publique en avril 2004 le prochain désenclavement du quartier. A cette demande de plus de concertation la mairie répond l’urgence dans laquelle devait être rendu le dossier.
Les deux parties de la cité des Grèves, objets de la résidentialisation financée par l’ANRU : ci-dessus, les 2 parties des opérations prévues (respectivement est et ouest). De nouvelles voies apparaîtront ainsi qu’un mail piétonnier. Les entrées d’immeubles vont pouvoir « retrouver la rue ».
Le projet pour la résidentialisation des Grèves a été choisi le 20 décembre 2006 à l’unanimité par le jury de concours. Le projet choisi comprend 5 axes majeurs.
Ø La cité des Grèves sera désenclavée grâce à un traçage de nouvelles voies qui permettront de créer un maillage développant l’accessibilité aux voitures et aux piétons des différentes entrées de la cité. Cette opération réintègrera la cité des Grèves dans le reste de la ville en y développant les différents types de circulation.
Ø Dans un second temps, la rue Jules Ferry située « à l’arrière » de la cité sera requalifiée. Jusque là, elle terminait en cul-de-sac sur l’entrée arrière de la Cité. La requalification de cette rue sera aboutie par la reconstruction du centre social et culturel à l’angle Jules Ferry/Colbert.
Ø Ce maillage contribuera à organiser le quartier en îlot, résidentialisation renforcée par l’amélioration de l’accessibilité aux entrées d’immeubles faisant en sorte que l’accès à chaque partie du bâtiment soit clairement identifiée depuis la rue.
Ø Le rattachement des Grèves à la ville se concrétise également avec la création de mail plantés le long des Grèves 1 et 2, reliant également chacune des 2 parties de la Cité.
Ø Autres aménagements et améliorations affirmant la résidentialisation : apport de lumière naturelle dans les halls, limitations claires de résidences, réorganisation du système de collectes des ordures, sécurisation des parkings souterrains avec une place par logement, et réaménagement des espaces publics.
Parmi les premiers bilans tirés de cette conception du projet, on constate les lacunes en matière de concertation qui peuvent parfois être préjudiciables, voir néfaste en terme électoral. La création de l’association ACTIFS, qui suit le projet depuis 2004, est le signe de cette frustration ressentie par les habitants d’être mis à part dans cette aventure. Néanmoins on peut constater la quasi unanimité politique et des habitants autour du projet de résidentialisation de la cité des Grève en lui-même.
Au 11 rue Michelet, partie des Fossés-Jean qui fera l’objet d’un projet de rénovation, on observe de fortes inquiétudes de la part des habitants, attitude proche du rejet. Plusieurs des locataires affichaient sur leurs balcons début décembre 2006 des banderoles portant l’inscription « Non à la démolition ». Philippe Sarre, conseiller général des Hauts-de-Seine et élu de l’opposition au Conseil Municipal de Colombes, souligne une question plus large concernant la mise en œuvre de projets à l’image de ce qui ce fait sur les 3 projets ANRU à Colombes, et évoque les lacunes fortes en matière de concertation provoquant parfois l’incompréhension et l’inquiétude des habitants. A titre d’exemple, l’absence de participation des habitants lors de la délibération pour le choix du projet d’architecte aux Grèves menace de créer un sentiment d’opacité fort vis-à-vis du projet pour les habitants, alors que leur participation serait l’occasion de créer un sentiment d’accaparation du projet. La question du relogement peut également constituer une autre source de tensions potentielles, elle va se poser sur les quartier Ile-Marante et Michelet Fossés-Jean.
Les observations des rapporteurs spéciaux de l’ANRU (Rapport d'information n° 456) font d’ailleurs état de ces différentes tensions rencontrés lors des différentes étapes du projet : contraintes de délais, lacunes de la concertation avec les habitants, l’opacité des règles de sélection des projets. Ces tensions rencontrées sur le terrain appellent à une réflexion sur l’amélioration de la concertation. Elles confrontent aussi le temps du projet au temps de la mandature politique, à l’approche des élections municipales de 2008. Cette heure reste difficile pour une nouvelle majorité, la fin d’une première mandature ne voyant par tous les projets accomplis.
Le rôle du Service de l’Urbanisme dans ces projets de l’ANRU se résume à la gestion des financements reçus ainsi qu’aux aspects opérationnels et pré-opérationnels du projet. Il envoie à l’ANRU les documents faisant foi de la réalisation des travaux prévus dans les délais pour obtenir les subventions, et réalise quelques études notamment sur le choix des sites et sur la constitution du dossier préalable à l’inscription à ce programme de renouvellement urbain. Le rapport du Service de l’Urbanisme au politique est étroit, ne serait-ce que par la place du Maire au sommet de l’organigramme ou encore par le rôle central du politique dans les phases de concertation. Si bien qu’aux yeux des habitants c’est surtout de l’action du Maire qu’il s’agit quand on parle d’urbanisme à Colombes, et le Service de l’Urbanisme se limite souvent dans l’esprit des colombiens à un guichet d’accueil fonctionnel destiné au public au sujet des questions foncières ou de différentes aides au logement ou à la réhabilitation.
B. La ZAC de la Marine :
La ZAC Marine, projet d’envergure pour la commune, est l’illustration de la difficulté pour les acteurs d’un projet de s’accorder sur sa conception. Le projet de ZAC a été approuvé le 20 décembre 2000, mais rien a été fait depuis, faute d’accord. Trois autres projets ont été évoqués depuis 2001 sans qu’aucun ne convienne. L’Etat, le Conseil régional,
Les anciens entrepôts militaires de l’actuelle Zone d’aménagement concertée de la Marine
L’abandon de l’installation du musée a impliqué la révision du projet et après exposition et enquête publique, le projet a finalement été signé en novembre 2006. Le prolongement du T2 va pouvoir démarrer dans le courant 2007. L’alternative moins coûteuse trouvée à l’enfouissement des garages est finalement la plantation d’arbres camouflant le hangar qui sera installé en fond de parcelle sur
Demain
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- Une crèche et un établissement scolaire primaire de 12 classes, une médiathèque
- Un parc de
- Une aire d’accueil des gens du voyage sur
A ces équipements de proximité chers au développement du Petit Colombes, il faudra repenser la circulation interne du quartier situé à proximité du pont de Bezons, et de l’A86.
Un autre sujet de discorde traie de l’extension de
Aujourd’hui le projet semble bien en marche mais au prix de retard conséquent à l’échelle du département pour le prolongement du T2, et de délaissement d’idées initiales, l’illustration que lorsqu’il s’agit d’un projet mettant en scène différents acteurs, la conciliation est nécessaire.
Perspectives...
Face à ces évolutions, on peut émettre des doutes quant à la volonté de la municipalité actuelle dirigée par Nicole Gouéta de vouloir réellement préserver le tissu pavillonnaire de Colombes. Les exemples illustrant l'érosion de l'habitat pavillonnaire sur Colombes sont significatifs. Le Service de l'urbanisme de Colombes peut ainsi être vu comme un outil dans l'application de cette politique, un outil foncier, destiné à constituer des réserves foncières qui seront revendues à des promoteurs immobiliers, ces derniers construisant des immeubles venant contrarier toujours plus au fil des années les paysages pavillonnaires colombiens. Il serait faussé de limiter les actions actuelles de la mairie à ces orientations; on trouve d'autres projets, moins polémiques, comme la réhabilitation des habitats du centre historique. Le projet de résidentialisation de la Cité des Grèves, à l'image des rénovations prévus des cités Europe et Fossés-Jean, témoigne des lacunes en matière de concertation et de transparence, qui constituent une source de tensions fortes avec les habitants.
Le prochain renouvellement du Conseil Municipal à Colombes aura lieu durant le printemps 2008, c'est là qu'arrivera l'heure du bilan pour les habitants, qui décideront de prolonger ou pas leur confiance accordée à la majorité municipale. Au delà des grands thèmes séparant différentes visions de la ville à travers les différents courants politiques, cette heure demeure toujours difficile pour une majorité qui termine son premier mandat. C'est le temps des constats, un constat qui ne demeure pas moins dur à réaliser étant donné la confrontation entre temps du projet urbain et temps de la mandature politique. Les réels enjeux de cette campagne se situeront peut être sur les lacunes des politiques municipales en matière d'urbanisme notamment: la concertation avec les habitants et la volonté de transparence dans les décisions.
REFERENCES:
ENTRETIENS AUPRES DES ACTEURS DE LA VIE LOCALE DE COLOMBES
DOCUMENTS D'URBANISME
Plan d'Occupation des Sols de la commune de Colombes (révisé du 25 septembre 2003)
Délibération des Conseils municipaux des 29 janvier 2004 et 15 novembre 2006
Projet de Ville
REFERENCES LIVRESQUES
Colombes historique, édité par la MJC - Théatre de Colombes sous le patronage de la municipalité
PUBLICATIONS ET PRESSE
Colombes Notre ville (anciennement "Colombes Informations"), publication mensuelle de la mairie de Colombes
Le Moniteur - N° 5353 du 30/06/2006
REFERENCES INTERNET
Blog de Philippe Sarre, conseiller général et conseiller municipal de l'opposition PS - www.philippesarre.com/
Site Internet de la Mairie de Colombes - www.mairie-colombes.fr/
"Rapport d'information n° 456", Site internet du Sénat - http://www.senat.fr/rap/r05-456/r05-456.html
Blog d'information sur Colombes (1) - http://www.colombes-info.com/article-4850194.html
Blog d'information sur Colombes (2) - http://colombes.pense.over-blog.com/archive-3-2006.html
Blog d'information sur les Hauts-de-Seine - http://www.mon92.com/2006/12/le_conseil_gnra.html
PHOTOGRAPHIES:
Photographies aériennes - Site internet Géoportail
Gare des Vallées - Ouvrage Colombes Historique
Autres photos - Alexandre Laignel
Merci aux différents acteurs de la vie locale de Colombes qui nous ont offerts de leur temps pour la réalisation de cette étude...





